Cafés mortels

L’intention

Personne ne nous a jamais appris à organiser des funérailles. Nous apprenons le moment venu. Et franchement, ce n’est vraiment pas le meilleur moment pour le faire : alors que nous sommes fragilisé·e·s, nous devons prendre toute une série de décisions.
A la coopérative funéraire, nous militons pour que chaque famille puisse faire des choix éclairés, en conscience. Et pour cela, il est vital d’avoir accès aux coulisses du funéraire.
C’est dans cet esprit que nous organisons des « cafés mortels » depuis 2019. Nous offrons à tou·te·s la possibilité de s’informer, d’échanger et de débattre sur des thèmes liés à la mort.

Et si on parlait de la mort ?

Un café mortel est un temps d’informations convivial sur la mort. Il a lieu dans un bistrot, un bar ou un café. Un intervenant (paysagistes, anthropologues, économistes, artistes, philosophes, etc) apporte un regard, un point de vue qui alimente des échanges et des réflexions.

Il nous a inspiré

Les cafés mortels de la coopérative funéraire rennaise sont inspirés du travail de Bernard CRETTAZ. Ethnologue et sociologue Suisse, il est spécialiste des rites et coutumes qui accompagnent la mort dans la société. Il a organisé les premiers cafés mortels en Suisse. Ils se sont développés par la suite en France et en Angleterre.
Le café mortel « permet l’aveu du plus indicible et du plus intime dans la
futilité apparente des propos du café du commerce. Il crée de la légèreté pour autoriser l’aveu du plus profond… car chacun le sait, nous allons au bistrot avouer l’essentiel en ayant l’air de rien ».
Bernard CRETTAZ – Cafés mortels : Sortir du silence. p33

Les principes

Les cafés mortels de la coopérative funéraire de Rennes s’inspirent des principes du livre de Bernard CRETTAZ mais aussi, dans leur animation, de la communication non-violente de Marshall B. ROSENBERG.
Il s’agit de parler de la mort en :
• Permettant, favorisant une parole authentique, vivante et vivifiante
• Dédramatisant par le boire et le manger (se mettre en convivialité)
• Écoutant les besoins des personnes et les demandes « Aucun café mortel ne ressemble à un autre. La tonalité est souvent donnée par la première personne qui s’exprime »
Bernard CRETTAZ – “Café mortel : Sortir du silence” p31

Le PROGRAMME des cafés mortels

Ceux déjà réalisés (Rennes)

● Le secteur du funéraire – avec Grégory NIEUVIARTS, auteur du documentaire “Le domaine”
au Théâtre de la Parcheminerie le 29 avril 2020 (110 pers.)
● La parole et la mort – avec Jean Pierre MATHIAS, conteur
au café la Mie Mobile le 22 mai 2020 (50 personnes)
● Les cimetières – avec Adélaïde FICHE, architecte paysagère
au café le Cortina le 18 juin 2020 (50 personnes)
● L’humusation des corps – avec Francis BUSIGNY
au café Cortina le 27 septembre 2020 (40 personnes)
● Les soins du corps – avec Nathalie SAUSSOL et Carlo VIANZATO, thanatopracteur··rices
aux Ateliers du Vent le 24 octobre 2020 (100 personnes)
● Les rituels funéraires catholiques – avec le Père Philippe HEBERT et Paule CHAUVEL
à la Bottega Mathi le mercredi 15 janvier (30 personnes)
● Accompagner les morts en période de pandémie avec Magali MOLINIE, ethno-psychologue
lundi 4 mai (Facebook Live)

Ceux à venir

● Mercredi 22 septembre 20h-22hCafé du parc des Bois 
3 rue du Patis Tatelin  (Parc des Gayeulles) Rennes 

Avec Sophie SONNET, NotaireThème : les bonnes pratiques successorales


Après un décès, vient le temps de l’héritage et des difficultés vécues par les familles. Sophie SONNET, notaire, nous apportera un éclairage sur un domaine juridique complexe et sur les différentes situations en cas de succession positive ou négative. Quelles sont les précautions à prendre, les écueils à éviter ? Vous pourrez également témoigner de vos expériences et poser des questions.


● 27 octobre

20h-22hCafé du parc des Bois
3 rue du Patis Tatelin (Parc des Gayeulles) Rennes

avec Claude VIROT, psychiatre :

(extrait interview) Les traditions de deuil sont très importantes pour favoriser justement le travail de deuil. Le deuil c’est un travail de remaniement interne. Mais avec mes patients, je ne parle pas tellement du deuil, je parle de leurs morts. Je parle des relations que les vivants peuvent avoir avec leurs morts.

Parfois, le mort est trop présent, envahissant, il y a une relation excessive. il y a une deuxième catégorie de problèmes avec les deuils : quand les morts sont complètement absents. Quelqu’un est mort et on n’en parle plus, il n’y a pas de photos, personne ne va au cimetière… Comme s’il avait disparu. Mon travail à ce moment-là c’est d’aider les gens à recréer des relations avec leur mort.


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